Le golf, une industrie difficile au Québec

Le golf est un sport qui existe depuis très longtemps : sa popularisation au sein du peuple occidental remonterait à plus d’une centaine d’années. Alors que certains sports connaissent une popularité toujours croissance au cœur de la province de Québec, par exemple le soccer, le golf fait partie d’une lignée de sports qui peinent à se maintenir au même niveau au fil des années. Il y a déjà une dizaine d’années, le Ministère du Tourisme sonnait la clochette d’alarme face au futur un peu sombre de l’industrie. En 2013, où en sommes-nous rendus?

Golf

Les données historiques

En 2000, le ministère du Tourisme avait évalué que près de 650 millions de dollars étaient générés par l’industrie du golf dans la province de Québec. Le ministère vantait à l’époque de la vigueur des circuits professionnels de golf, mais il craignait de les établissements réservés aux amateurs vivent quelques difficultés dans les années à venir. Il se basait sur deux chiffres pour émettre ces constatations : tout d’abord, le nombre d’adeptes « connus » du golf, qui auraient passé de 885 000 à 870 000 en une dizaine d’années selon une association influente de golf au pays. L’autre chiffre inquiétant se basait quant à lui sur la quantité de terrains de golf existants : ceux-ci étaient passés de 200 à 341 en l’espace d’environ quinze ans. Inutile de dire que plusieurs propriétaires devaient se battre alors pour conserver une rentabilité intéressante.

Six ans plus tard, en 2006, le nombre de terrains avait passé à 362 : malgré les difficultés économiques de plusieurs clubs, le temps n’était pas encore à la consolidation.

Un sport de baby-boomers

Plusieurs chroniqueurs mentionnent avec raison que le golf n’est plus très populaire auprès des récentes générations. Bien que nous connaissions tous un oncle ou un grand-père qui passera son été sur les courts de golf, la passion ne se transmet toutefois pas très bien! Comme mentionné précedemment, il faut dire que certains autres sports ont pris une place bien plus avantageuse sous les projecteurs. Le golf, pour les jeunes, sera malheureusement considéré comme un sport ringard ou dépassé.

La problématique actuelle : la disparition prochaine de plusieurs terrains

Ce manque de prévoyance des nouveaux propriétaires aura sans doute contribué à accentuer la pression sur l’industrie, et ce sera sans doute très prochainement que le couperet devra tomber pour les clubs de golf moins solides financièrement. Même si plusieurs entreprises offrent d’importants rabais de golf pour attirer plus de clients, si on considère que près de 22 000 visiteurs doivent être accueillis sur un terrain régulier pour atteindre la rentabilité, des rabais trop élevés augmentent de façon considérable la quantité de clients à acquérir! Certains clubs qui décident de rester en action doivent de leur côté d’autres solutions plus drastiques pour redresser leur situation financière, comme l’imposition d’une taxe spéciale à tous les membres ou le blocage de la vente d’actions par les actionnaires.

Selon des études effectuées par la Nationale Golf Foundation, il faudrait idéalement qu’un terrain de golf existe pour chaque tranche de 25 000 habitants pour que l’industrie soit viable. Actuellement, il y a un terrain pour 22 000 habitants : cela voudrait dire que près d’une trentaine de terrains sont théoriquement voués à l’échec!

La reconversion immobilière

Certains terrains de golf se voient par exemple transformés en projet immobilier suite à leur rachat par des promoteurs. La proximité de certains terrains avec les grandes zones urbaines peut définitivement attirer les acheteurs potentiels, qui se pourlèchent les babines face à cette situation difficile. Espérons toutefois que cette tendance ne deviendra pas la norme au sein de la province. La consolidation de plusieurs terrains de golf, telle qu’adoptée par certains regroupements de la région de Montréal, pourrait également sauver quelques meubles.

 

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